Un Pôle des arts plastiques et visuels, imaginé par Jean Nouvel, doit être érigé à l'emplacement des anciennes usines Renault, à Boulogne-Billancourt. Il réunira une vingtaine de galeries, des lieux d'exposition, des ateliers d'artistes, trois salles des ventes...
Après le fiasco du projet de la Fondation Pinault qui a fini sur les berges du Grand Canal à Venise, l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt, entend bien prendre sa revanche pour le plus grand bien du marché de l'art. En témoignent les investissements publics et privés planifiés. Comme celui de l'ordre de 75 à 100 millions d'euros pour la conception et la réalisation du Pôle des arts plastiques et visuels. Celles-ci ont été récemment confiées à Yves Bouvier, patron de Natural Le Coultre, entreprise suisse de logistique et transport d'oeuvres d'art, et à l'ex-PDG de Nestlé Suisse, Nelly Wenger, aujourd'hui présidente d'une société éponyme spécialisée dans « la conduite de projets complexes » . Et complexe, le chantier de l'île Seguin l'est incontestablement...
La promesse de vente, signée fin 2011, porte sur un terrain assorti de 25.000 mètres carrés de droits à bâtir avec un cahier des charges culturel ambitieux. La SCI constituée pour le projet a choisi comme architecte Jean Nouvel, par ailleurs coordonnateur de l'aménagement de l'ensemble de l'île. « Si l'imaginaire collectif associe le site aux heures glorieuses de Renault, l'île a aussi été source d'inspiration pour Corot, Sisley, Turner », rappelle Nelly Wenger.
« Bâtiment-outil »
Le pôle ambitionne de fédérer de nombreux acteurs du marché de l'art d'ici à 2015. On y trouvera une vingtaine de galeries, des lieux d'exposition y compris pour les oeuvres monumentales, des ateliers d'artistes et d'artisans d'art, trois salles des ventes, une plate-forme numérique, un laboratoire photographique, des entrepôts et même une menuiserie. « Ce sera un lieu culturel d'intérêt international, privilégiant l'expérimentation de nouvelles pratiques hybrides, une microville artistique », explique Nelly Wenger.
Le « bâtiment-outil » commandé à Jean Nouvel, plus industriel qu'ostentatoire, gommera les frontières entre scène et coulisses et montrera toute la chaîne de production d'une oeuvre. L'effervescence artistique y sera permanente, à travers des événements et des « happenings », promettent les initiateurs du lieu.
Le pôle se veut un « cluster » favorisant les synergies entre ses occupants, mais aussi avec les autres acteurs culturels de l'île, comme le cirque numérique de Madona Bouglione ou la scène musicale qui verra le jour sur la pointe aval sous l'égide du Conseil général des Hauts-de-Seine. Une exposition de préfiguration du lieu en plein air est prévue à l'été 2013.
MARTINE ROBERT
(Source : les Echos)
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