LE CERCLE. Evènement exceptionnel dans
le marasme économique que connait la France depuis maintenant 5 ans, la note de
référence à long terme d’une commune française, Boulogne-Billancourt, a été
relevée par une agence de notation, Standard&Poor’s, passant de AA- à AA. Il
s’agit d’un cas unique en France en 2012.
Evènement
exceptionnel dans le marasme économique que connait la France depuis maintenant
5 ans, la note de référence à long terme d’une commune française,
Boulogne-Billancourt, a été relevé par une agence de notation,
Standard&Poor’s, passant de AA- à AA. Il s’agit d’un cas unique en France
en 2012. L’évènement est d’autant plus spectaculaire qu’en 2008, année de
l’arrivée du maire actuel Pierre-Christophe Baguet, la commune avait subi une
baisse de sa note alors que la crise économique ne faisait que commencer. Et
voilà qu’en ce début d’année 2013, Boulogne Billancourt se taille une place de
choix dans le palmarès des rares huit collectivités territoriales françaises
notées AA. Autre bonne nouvelle, sa note de référence à court terme est
maintenue à la note maximale dans le barème de l’agence Standard&Poor’s,
c’est-à-dire A-1+.
La recette de ce succès ? S&P rend grâce
« à une stratégie budgétaire claire qui s’est traduite par une réduction
forte de la dette directe (moins 43 millions d’euros en trois ans), à un
pilotage budgétaire de qualité, à une prospective financière réaliste, ainsi
qu’à une gestion de la dette et de la trésorerie prudente et optimisée. » De
plus, l’agence de notation qui surveille de près la santé économique de la
commune depuis 1997 souligne avant tout la gouvernance et la gestion
financières des comptes publics « de qualité », la situation de liquidité «
confortable » et bien sûr un profil socio-économique très favorable.
Parallèlement, pour S&P, il y a
fort à parier que dès 2014, la Société anonyme d’économie mixte Val de
Seine aménagement (SAEM), dont la trésorerie présente en 2012 un excédent de 56
millions d’euros, sera en mesure de rembourser « ses échéances bancaires sans
refinancement » et que Boulogne Billancourt sera « structurellement en
mesure de présenter une capacité de désendettement proche de cinq années et de
réduire son taux d'endettement consolidé à moins de 80%. »
A cela s’ajoute que, de 2009 à 2012, le taux
d’épargne brute dégagé par la ville a été en moyenne de 16 %. En 2014, ce taux
devrait se maintenir à 15%. Grâce à cette maitrise des dépenses de
fonctionnement la ville devrait selon toute vraisemblance présenter un besoin
de financement pour 2013 de seulement 3% des recettes totales de la ville,
alors que dans le même temps, ses dépenses d’investissement consolidées
passeraient de 40,6 millions d’euros à 55,5 (soit une augmentation de près de
37% !).
Plus fort encore, à l’aide notamment d’une
épargne brute importante, l’excédent de financement de Boulogne-Billancourt
après investissement devrait être environ de 6% des recettes totales, ce qui,
associé au fonds de roulement constitué en 2012, devrait permettre de réduire
la dette directe de la Ville de 30 millions d’euros supplémentaires d’ici 2014
! En cas de problème, la ville peut de toute façon compter sur une marge de
manœuvre importante que ce soit à l’aide de cessions de patrimoine ou de
l’utilisation du levier fiscal.
S&P conclut de toutes ces données que
Boulogne Billancourt dès 2014 sera « structurellement en mesure de présenter
une capacité de désendettement proche de cinq années et de réduire son taux
d’endettement consolidé à moins de 80 %. »
Boulogne Billancourt semble bien être un petit miracle économique à la
Française.
Pascal de Lima
Economiste en chef et enseignant à Sciences-po et
HEC
(Source : le Cercle des Echos)
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